Histoire

POURQUOI ANNAY

La statue de Notre Dame d’Annay a été fabriquée au XIVème siècle pour l’église de Pont-à-Vendin (près de Lens). La tradition rapporte que, lorsque le chariot transportant cette statue passa devant le portail de l’abbaye de Brayelle-les Annay (près d’Annay sous Lens), le cheval s’arrêta et ne voulut plus avancer. De ce fait on fut obligé de confier la statue aux moniales de l’abbaye.

Notre Dame d’Annay (Notre Dame de Grâce) était invoquée pour guérir de la graveline (petits graviers dans les reins ou la vessie).

A la révolution, le monastère fut fermé, pillé et les religieuses partirent à l’échafaud. Trois ou quatre réussirent à y échapper. L’une d’entre elles, Dame Louise Reys réussit avec un charretier à soustraire au brasier la statue et la confia à un pensionnat de Lens pendant la révolution. Ensuite, Dame Reys fit transporter dans un fagot la statue chez son frère à Hallennes-les-Haubourdin avant de partir en exil.

En 1847, de retour en France, elle confia la statue à sa nièce qui à son tour en fit don à l’église Saint Etienne, rue de l’hôpital militaire.

En 1891, la statue gagna son emplacement actuel à l’église Saint Etienne mais entre temps elle fit un long séjour, on ne sait pourquoi, chez les religieuses du Bon Secours, d’où l’appellation Institution Notre Dame d’Annay.

 

UNE MAISON D’ACCUEIL POUR JEUNES FILLES

Au XVIIème siècle, le bâtiment principal du lycée, qui était un couvent, servait de refuge aux moniales de l’abbaye de Marquette, qui se repliaient à l’intérieur des remparts en cas de danger. La façade du bâtiment du fond, classée par les monuments historiques, est du style dit « taille en pointe de diamant ». C’est le seul vestige du couvent.

En 1822, deux demoiselles généreuses, dont Mlle Legrand, fondent une œuvre dite « le Refuge ». C’était un lieu d’accueil pour des jeunes femmes en difficultés sociale et familiale (orphelines, victimes de prostitution, de mendicité, de la misère). Cette fondation devait permettre à ces femmes de reprendre goût à la vie et de pouvoir se réinsérer dans la société.

En 1836, les deux demoiselles n’arrivent plus à faire face aux difficultés dues à l’extension et à gérer l’œuvre. L’abbé Wicart, prêtre de Sainte Catherine, fait appel aux sœurs de la congrégation Notre-Dame de Charité du Bon Pasteur d’Angers pour suppléer les demoiselles. Six sœurs, dont la supérieure âgée de 26 ans, sont chargées de remettre en état ce refuge.

Dans cette maison vivaient :

  • Des religieuses apostoliques, chargées de l’éducation des jeunes ;
  • Des religieuses dites sœurs « Madeleines », d’anciennes pensionnaires désirant consacrer leur vie à la prière ;
  • Des jeunes filles pensionnaires placées par les pouvoirs publics ou leurs familles.

Toutes ces personnes occupaient des lieux de vie distincts les uns des autres, avec leurs bâtiments et leurs cours. Ceci explique l’existence des différentes cours de l’établissement. De même, la chapelle était construite en forme de croix latine, chaque aile étant attribuée aux différentes catégories : les sœurs apostoliques, les sœurs madeleines, les jeunes filles, et le public du quartier pour la partie donnant sur la rue.

Les filles apprenaient à lire, à écrire, et elles cousaient et brodaient notamment pour des magasins lillois ou parisiens.

Dans les années 1950, l’établissement s’oriente vers la formation professionnelle : enseignement ménager, cours commerciaux. Les locaux sont également équipés d’un appareil de cinéma pour films sonores et d’une vaste salle pour l’organisation de spectacles.

 

LES SŒURS DU BON SECOURS

Vers 1821, quelques jeunes filles, entre 22 et 34 ans, originaires de la campagne se réunissent à Paris pour soigner les malades et accompagner chrétiennement ceux qui vont mourir. En 1824 ces filles fondent la congrégation des sœurs Garde-Malade ou sœurs du Bon-Secours. La même année leur présence est demandée à Lille.

En 1826, les sœurs fondent une communauté à Lille et acceptent en plus de prendre en charge des classes gratuites (lecture, écriture, calcul, travail de l’aiguille).

En 1834, les sœurs doivent assurer la direction d’une école gratuite abandonnée par les religieuses carmélites (600 élèves de la classe ouvrière).

En 1836, les sœurs s’établissent au 74 rue de l’hôpital militaire. Les filles sont reçues gratuitement et le fruit de leurs travaux (couture, lingerie, broderie …) leur revient.

En 1880, les lois Jules Ferry rendent l’enseignement gratuit obligatoire et laïc. Le maire de Lille retire les classes et les subventions aux sœurs. Celles-ci ouvrent une école dans l’établissement qui leur appartient rue de l’hôpital militaire où revient une partie des élèves. Ces classes deviendront l’Institution Notre Dame d’Annay.

Après la première guerre mondiale, l’Institution compte des classes primaires, des cours complémentaires et prépare au Brevet Elémentaire. Ensuite, s’ajouteront des cours de sténodactylo, de mode qui constitueront des classes professionnelles.

Après la seconde guerre mondiale, l’enseignement de la mode succède à celui de la couture et des cours de comptabilité sont ajoutés. En raison du succès de l’Institution, le nombre croissant d’élèves entraîna la construction d’un nouveau bâtiment rue de l’hôpital militaire puis l’obligation de déménager l’école technique. Les sœurs se mirent à la recherche d’un autre lieu.

En 1968, les sœurs du Bon-Pasteur en raison d’une restructuration de leur œuvre d’éducation mettent en vente leur établissement de la place du concert. L’école technique Notre Dame d’Annay y est alors transférée.